 Un projet qui a suscité beaucoup de débats. Après débat et déboires, le nouveau-né du pôle public voit le jour. La création d'une chaîne amazighe généraliste pour la médiatisation et la valorisation de la culture amazighe a connu plusieurs déboires. Une requête qui a pris assez de temps avant de nous annoncer qu'elle sera concrétisée ce 6 janvier 2010, avec le lancement de cette chaîne dans une phase expérimentale. « Le projet de la création d'une chaîne d'expression amazighe a suscité, depuis le départ, notre intérêt.
Cela fait deux ans et demi que nous travaillons dessus jusqu'à sa finalisation. Le ministre de la Communication et le PDG du pôle public audiovisuel ont fixé au départ la date du 30 décembre 2009 pour le lancement de la chaîne. Un rendez-vous qui fut ensuite reporté au 6 janvier 2010. Je pense que le gros du travail a été fait et il me semble raisonnable de lancer la chaîne en ce moment, puisque lors de ma rencontre, récemment, avec le directeur de la chaîne, Mohamed Mamad, notre constat sur l'état des lieux du projet, concernant les ressources humaines et techniques, a été très positif. Tout est fin prêt pour lancer la chaîne. D'autant plus que l'IRCAM s'engage dans le suivi du projet en encadrant les jeunes lauréats (Bac+4) promus à travailler dans la chaîne», souligne Ahmed Boukous, recteur de l'IRCAM.
Ce lancement, qui a duré depuis 2006, n'est pas pour réchauffer le cœur de certains acteurs culturels amazighs qui déplorent leur marginalisation quant à la conception de la grille des programmes. Celle-ci a été mise au point par la SNRT toute seule sans demander l'avis d'autres protagonistes concernés. « La chaîne Tamazight est une télévision publique dépendant de la SNRT et a pour institution de tutelle le ministère de la Communication, c'est-à-dire que l'IRCAM a, uniquement, pour devoir de participer à la promotion de la culture amazighe, mais ne rentre ni dans le fonctionnement ni dans la production de la chaîne. Nous jouons un rôle de proximité envers le citoyen.
Les associations amazighes, quant à elles, ont plutôt pour tâche de faire le suivi permanent en livrant des critiques constructives afin de contribuer à l'enrichissement et la mise en valeur de la culture amazighe», précise Ahmed Boukous. Selon un communiqué conjoint du ministère de la Communication et de l'Institut Royal de la Culture amazighe (IRCAM), la chaîne «Tamazight», dont les deux tiers du temps d'émission (70%) se fera en amazigh, diffusera pendant 6 heures du lundi au vendredi et pendant 10 heures le week-end.Rappelons qu'un représentant de la Société nationale de la radiotélévision (SNRT) a, déjà, expliqué que la chaîne sera généraliste et aura pour mission la valorisation de la culture amazighe, faisant état de l'aménagement des locaux de la nouvelle station, de l'acquisition des moyens techniques nécessaires et de la conclusion des contrats relatifs à la production des différents programmes, conformément aux clauses du cahier des charges. L'élaboration de ce projet, constituant un pas important dans l'enrichissement du paysage audiovisuel marocain, a pris beaucoup de retard sous prétexte des grands efforts et de l'expertise qu'il demande, notamment la formation des journalistes, la création d'un vaste archivage, puis la production d'émissions diversifiées, dont des magazines, des variétés et des jeux.
Cette télévision que Khalid Naciri avait qualifiée, dans une déclaration à la presse, de la première du genre au Maghreb, « nécessitera pour le gouvernement marocain un investissement de 50 millions de dirhams (4,5 millions d'euros), étalé sur quatre ans ». Soulignons que depuis l'annonce du projet en 2006, la 1re chaîne de la SNRT (Société nationale de radio et de télévision) et la télévision 2M se sont engagées à diffuser quotidiennement à la mi-journée un bulletin d'information en langue amazighe, outre des émissions, chansons et spots publicitaires, avec la diffusion de programmes quotidiens amazighs sur les ondes de la radio nationale.
Un projet bien ficelé D'après des responsables de la SNRT, qui ont suivi de très près les étapes de conception de la chaîne «Tamazight», cette dernière possède tous les atouts qui lui permettent un lancement normal et sans embûches, grâce, d'une part, aux capacités techniques et artistiques qu'elle détient et, d'autre part, au staff très ambitieux composé de 70 techniciens et 20 journalistes. Ceux-ci furent formés et encadrés par l'IRCAM qui s'engage à mener cette action en permanence, afin de mettre en exergue la culture et la civilisation amazighes. La banque de produits télévisuels de « Tamazight » lui laisse une marge assez large pour travailler dans des conditions suffisamment reposantes et être toujours à la recherche de programmes de qualité.
lematin.ma
Mercredi 6 Janvier 2010
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