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L’histoire des Dahirs juifs
L’histoire des Dahirs juifsPar un dahir du 31 octobre 1940, moins d’un mois après l’instauration du gouvernement de Vichy, les Juifs marocains sont soumis à un numerus clausus dans les professions libérales. Il est suivi un an plus tard par un deuxième dahir encore plus sévère pour les Juifs. Sidi Mohammed ben Youssef a bien paraphé les deux textes préparés par la Résidence générale. Sans rappeler le dahir berbère, promulgué en 1930, et qui a valu en son temps. Le Sultan savait bien que les dahirs juifs, comme le berbère, étaient aussi une manière de soustraire à son autorité une partie vive de ses sujets. Il a cherché, tout au plus, à limiter la casse. Malgré tout, il a obtenu une concession de taille : celle comme nous l’explique Robert Assaraf (fondateur de l’union mondiale du Judaïsme marocain et auteur de « Mohammed V et les Juifs », 1997) de faire en sorte que l’exécution des dahirs juifs soit d’abord le fait des agents du Makhzen, se donnant les moyens de contrôler, en le retardant autant que possible, le déroulement des opérations. Dans le même souci de gagner du temps, Mohammed V a bien gardé, comme l’explique Robert Assaraf « le deuxième dahir près d’un mois au fond d’un tiroir avant de se résigner à le parapher ». Serge Berdugo, actuel secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc, explique : « Mohammed V a bien tenté de négocier avec le général Noguès, qui a exigé que les sujets juifs marocains soient définis par leur foi et non par leur race, un principe en conformité avec leurs statuts de (Dhimmis), les protégés du Roi. Le même Berdugo, dont le père était l’un des membres influents de la communauté israélite de l’époque, ajoute par ailleurs que le Sultan a obtenu de Noguès que le numerus clausus ne soit pas appliqué aux institutions communautaires juives, aux écoles religieuses et aux œuvres de bienfaisance, qui ont continué de fonctionner pendant toute la durée de la guerre. Le rôle contrasté de Mohammed V, les dahirs juifs même exécutés par un Makhzen très lent à la détente, sont de même une réalité. « Ma sœur s’est retrouvée exclue du lycée du jour au lendemain », se souvient par exemple Simon levy, aujourd’hui conservateur du Musée du judaïsme marocain. Au Résident général venu l’informer de la décision de faire porter l’étoile jaune aux Juifs du pays, Mohammed V lui demande d’en commander une vingtaine de plus. Contrarié, Noguès demande pourquoi. Le Sultan répond : »Pour ma famille et moi-même »
Malgré les discrets efforts des uns et des autres, l’effet de deux dahirs est désastreux sur le moral des populations juives. Lesquelles s’inquiètent logiquement, d’une montée de l’antisémitisme dans l’administration française et chez les colons du Maroc. A elle seule, l’entente musulmans-juifs (et la bénédiction de Mohamed V) ne doit pas marquer les nombreux actes antisémites perpétrés durant cette période de trouble. Les partis fascistes français appellent à un durcissement des mesures anti-juives. Ils appelaient boycott des magasins tenus par les Juifs et oppose des tracts sur les devantures de leurs magasins : « Ici maison juive, maison des profiteurs » ou bien « Acheter chez les Juifs, c’est ruiner le commerce français ». Ils accusent les commerçants juifs d’être responsables de la pénurie qui frappe le Maroc.Le sentiment d’inquiétude chez les Juifs est alors d’autant plus fort qu’il est alimenté au quotidien par la présence physique de l’Allemagne hitlérienne à Casablanca. Ainsi en 1941, une délégation allemande d’armistice logeait à l’hôtel Transatlantique, le grand palace de l’époque, et la population juive la voyait circuler quotidiennement en tenue militaire dans les rues de Casablanca
Akachmir boumalne-dades
Contribution le : 29/01 16:30:40
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